TORONTO, le 27 juin 2008 — La valeur totale des opérations financières dans le secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage est passée à 27,6 milliards de dollars US en 2007, en hausse de 1,9 milliards de dollars par rapport à 2006 selon l’étude de PricewaterhouseCoopers (PwC), intitulée Branching Out. Pour le premier trimestre de 2008, la valeur des opérations financières a atteint 11,8 milliards de dollars, mais il est difficile de prédire quel sera le niveau d’activité durant le reste de l’année. Le placement privé d’actions (PPA) a encore constitué une part importante de ces opérations, particulièrement en Amérique du Nord. De nouveaux acteurs ont également fait leur apparition, tel le Rank Group de la Nouvelle — Zélande. À noter, toutefois, l’absence d’opérations de regroupement d’envergure en Europe, qui en a pourtant terriblement besoin. Le secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage participe en première ligne à l’effort de développement durable, et la tendance des nouveaux investissements traduit bien cette réalité.
Les entreprises du secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage doivent composer avec des changements continus et rapides. Les facteurs macroéconomiques qui influencent le secteur, notamment l’augmentation des coûts de la fibre et du transport, la flambée des prix de l’énergie, la faiblesse de la demande en Amérique du Nord et en Europe, et la mondialisation de la concurrence dans les marchés émergents. La baisse du dollar américain par rapport aux devises clés du secteur, soit l’euro, le réal brésilien et le dollar canadien, a aussi fortement influencé le secteur — les exploitations canadiennes ayant été particulièrement touchées en raison de leur dépendance envers le marché américain. Le bouleversement mondial des taux de change a déstabilisé la planification et la gestion de la chaîne d’approvisionnement de nombreuses entreprises du secteur, ce qui aura sans doute une grande incidence sur les opérations financières futures.
Parmi les principales entreprises du secteur, nombre ont modifié radicalement leur modèle d’affaires, passant d’entreprises à intégration verticale à des entreprises axées sur les produits, comme International Paper en fournit l’exemple le plus éloquent. Cette tendance se fera encore sentir dans les opérations financières en Amérique du Nord, mais une autre stratégie a commencé à poindre. Certaines entreprises, notamment en Scandinavie, ont maintenu l’intégration verticale de leurs chaînes d’approvisionnement. Cette forme de structure est motivée par le besoin d’assurer un approvisionnement en fibres dont la rareté est de plus en plus criante. La propension pour une entreprise à ne pas se concentrer sur un produit principal peut aussi manifester sa résistance à se restructurer et à se regrouper. Pourtant, la consolidation dans le secteur est la pierre angulaire de tout effort de résolution du déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché européen.
La part des PPA dans les opérations financières du secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage est demeurée élevée pour 2007, atteignant 10,4 milliards de dollars US en 2007, soit environ 38 % de la valeur des opérations auxquelles ont participé des entreprises du secteur. La participation des entreprises du secteur a fléchi pour le premier trimestre de 2008, particulièrement dans le secteur des pâtes et papiers, mais certaines de ces entreprises possèdent des liquidités importantes prêtes à être investies. Les PPA ont joué un rôle clé dans les activités de consolidation et de restructuration qui sont survenues dans le secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage en Amérique du Nord au cours des dernières années, mais ce ne fut pas le cas en Europe.
« La valeur totale des opérations financières a augmenté en 2007, en dépit de la diminution de la valeur moyenne des opérations, grâce à l’augmentation du nombre d’opérations », mentionne Craig Campbell, leader du groupe de PwC spécialisé dans l’amélioration du rendement du secteur mondial des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage. « Il est difficile de prédire la tendance pour le reste de 2008. D’une part, la conjoncture des marchés financiers n’est pas favorable à des opérations financières, mais, d’autre part, 2008 pourrait s’avérer une année record si la consolidation en Europe tant attendue a finalement lieu. »
Les territoires forestiers sont devenus une catégorie d’actif recherchée. Au cours des 10 dernières années, de nombreuses entreprises forestières (fabricants de produits forestiers) ont vendu des territoires forestiers afin d’assainir leur bilan. Ces ventes ont permis à des institutions américaines d’investir massivement dans ces actifs par l’intermédiaire de véhicules de placement telles les Timber Investment Management Organisations (TIMO) et les fiducies de placements immobiliers (FPI) spécialisées dans la détention de territoires forestiers. Les TIMO sont des véhicules de placement dans des territoires forestiers détenus par des intérêts privés. Ils ont connu une popularité spectaculaire depuis 1990, période durant laquelle leur actif géré a grimpé d’environ 1 milliard de dollars US à plus de 25 milliards de dollars US à la fin de 2007. Ce type d’investissements au cours des prochaines années sera presque certainement à la source de nombreuses opérations financières dans plusieurs régions. Les nouveaux investissements institutionnels seront à la hausse de même que les opérations de négociation en raison du rééquilibrage du portefeuille des actifs forestiers de certaines institutions.
Stratégies d’investissement à valeur ajoutée : Dans l’avenir, les billes commerciales prendront de la valeur grâce à leur utilisation dans divers produits, autres que le bois d’œuvre et la pâte; leur valeur thermique potentielle sera également prise en compte. Les possibilités qu’ouvre la mise en valeur des forêts comme source d’énergie renouvelable et de matériau devraient être au cœur des opérations financières du futur. Les usages du bois s’étendront alors à une panoplie d’utilisations variées, que ce soit la production d’énergie tirée du bois comme on la connaît aujourd’hui à celle de biocarburants et de produits à valeur ajoutée dans l’avenir. Un univers de possibilités commence à émerger dans les services liés à l’environnement tirés de la forêt (les "écoservices"). Avec le temps, on prendra de plus en plus conscience du rôle essentiel que jouent les arbres et la forêt pour capturer le dioxyde de carbone et donc pour atténuer certaines des conséquences du changement climatique mondial. De toute évidence, le rôle de la forêt dans la rétention du dioxyde de carbone peut devenir source de revenus considérable. Voilà pourquoi les stratégies d’investissement à valeur ajoutée attirent de plus en plus d’attention.
La bio — énergieun regard neuf sur le secteur : La biomasse tirée du bois devient une importante source d’énergie renouvelable, ce qui accentue la concurrence pour la fibre déjà rare. De plus, de nouvelles utilisations à grande échelle de produits forestiers sont en voie d’être mises au point, comme la fourniture ou l’agglomération de la biomasse tirée de la forêt, la production d’énergie à partir du bois (énergie thermique et vapeur), la production de biocarburants destinés au transport et la fabrication de produits chimiques et d’autres matières à valeur ajoutée. Les entreprises du secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage pourraient devoir s’associer à des entreprises du secteur pétrolier et gazier pour mettre en commun les expertises propres à chaque domaine. On assiste à une reprise des opérations dans le secteur de la bioénergie (bois et agriculture), bien que la plupart soient réalisées par le biais de coentreprises ou de démarrages. En 2007, la valeur des opérations dans le secteur de la bioénergie a atteint 7 milliards de dollars US, soit sept fois plus qu’auparavant, l’activité la plus intense se déroulant en Amérique du Nord, suivie de l’Asie-Pacifique et de l’Amérique latine. On peut s’attendre à une augmentation du nombre d’opérations financières dans l’avenir, dont une bonne part serait dans le secteur des produits forestiers.
« La mise en valeur de la biomasse tirée du bois comme source d’énergie renouvelable est plus complexe que pour nombre d’autres ressources renouvelables, non seulement parce que plusieurs des technologies utilisées en sont encore à la phase de mise au point, mais aussi en raison de la concurrence inhérente des chaînes de mise en valeur déjà établies », souligne Bruce McIntyre, leader canadien du groupe Solutions pour un développement durable auprès du secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage de PwC. « Le secteur de l’énergie tirée du bois et d’autres produits tirés de la biomasse pourrait radicalement transformer les chaînes d’approvisionnement habituelles de fibres et de valeur et, par conséquent, modifier la situation actuelle du secteur des produits forestiers. Si ce nouveau scénario se réalise, les entreprises ne pourront plus tenir pour acquis leur capacité à concurrencer, car la position dominante sera détenue par les entreprises qui contrôleront des volumes importants de la biomasse tirée de la forêt. »
Pour télécharger l’étude intitulée Branching Out— Global deal activity in the forest, paper & packaging industry, ou pour obtenir de plus amples renseignements sur les activités de PricewaterhouseCoopers dans le secteur des produits forestiers, du papier et des produits d’emballage, veuillez consulter le site Web www.pwc.com/fpp.
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